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Stablecoins : un contraste marqué dans leur utilisation – Analyse EGW.News
Depuis leur apparition en 2014 avec le lancement de Tether (USDT), les stablecoins se sont imposés comme l’une des applications les plus concrètes de la technologie blockchain. Pourtant, leur usage n’est pas homogène : on observe aujourd’hui un contraste net entre les cas d’usage « grand public » (paiements, transferts transfrontaliers, commerce en ligne) et les usages « institutionnels » (gestion de trésorerie, financement B2B, intégration dans les systèmes bancaires). Cette analyse, inspirée des dernières publications d’EGW.News, de la Banque mondiale, du FMI, de la BCE et de plusieurs cabinets de conseil, décortique ces différences et en explique les enjeux.
1. Qu’est‑ce qu’un stablecoin ?
Un stablecoin est un actif numérique dont la valeur est maintenue stable grâce à un mécanisme d’ancrage (fiat, matières premières, crypto‑actifs ou algorithmes). Les quatre grandes catégories sont :
- Fiat‑collatéral : adossés à des réserves de dollars, euros, etc. (ex. USDC, USDT).
- Commodity‑collatéral : rattachés à de l’or ou d’autres matières premières.
- Crypto‑collatéral : garantis par d’autres cryptomonnaies (ex. DAI).
- Algorithmiques : la stabilité est assurée par des règles d’offre et de demande (ex. TerraUSD, USDD).
2. Deux mondes d’utilisation
2.1. Le grand public – paiements, remittances et e‑commerce
Dans le secteur retail, les stablecoins sont principalement employés comme medium of exchange :
- Transferts transfrontaliers : les travailleurs migrants peuvent envoyer des fonds à moindre coût (environ 6,6 % de frais contre 10‑15 % pour les services traditionnels).
- Commerce en ligne : les marchands acceptent USDT ou USDC pour éviter la volatilité du Bitcoin tout en bénéficiant d’une confirmation quasi instantanée.
- Épargne à faible risque : des plateformes DeFi offrent des rendements (2‑8 % p.a.) sur les dépôts en stablecoins, attirant les petits investisseurs.
2.2. Le secteur institutionnel – trésorerie, B2B et finance traditionnelle
Les banques, fonds d’investissement et entreprises voient les stablecoins comme un outil de gestion de liquidité :
- Gestion de trésorerie : les institutions convertissent rapidement des actifs volatils en stablecoins pour sécuriser la valeur pendant les opérations de marché.
- Financement B2B : paiement de factures, règlement inter‑entreprises et financement de la chaîne d’approvisionnement via des stablecoins, réduisant les délais de règlement de jours à minutes.
- Intégration bancaire : plusieurs grands groupes (JPMorgan, Citi) testent des stablecoins privés pour améliorer l’efficacité des paiements inter‑bancaires.
3. Pourquoi ce contraste ?
Plusieurs facteurs expliquent la divergence d’usage :
- Réglementation différenciée : les autorités surveillent de près les stablecoins destinés aux services financiers (KYC/AML, exigences de réserves), alors que les petits paiements de consommation restent souvent sous le radar.
- Exigences de liquidité : les institutions ont besoin de garanties juridiques et d’audits de réserves, alors que les utilisateurs individuels se contentent de la transparence blockchain.
- Infrastructure technologique : les entreprises intègrent des API et des solutions de « settlement‑as‑a‑service », tandis que les consommateurs utilisent des wallets mobiles simples.
- Risque de dé‑pegging : les stablecoins algorithmiques sont plus populaires dans la DeFi (rendements élevés) mais perçus comme plus risqués par les acteurs traditionnels.
4. Risques et défis communs
- Réglementaire : la législation (GENIUS Act aux USA, directives européennes) évolue rapidement et peut impacter la disponibilité des services.
- Sécurité : piratage de wallets, bugs de smart contracts et failles d’audit restent des menaces majeures.
- Stabilité de la valeur : des épisodes de « de‑pegging » (ex. USDD, TerraUSD) rappellent que la stabilité n’est jamais garantie à 100 %.
5. Perspectives 2025‑2028
Les prévisions de JPMorgan et de la BCE indiquent que la capitalisation totale des stablecoins pourrait atteindre 500 à 750 milliards de dollars d’ici 2028. Deux tendances majeures se dessinent :
- Adoption institutionnelle accrue : les banques intègrent des stablecoins dans leurs systèmes de paiement, notamment pour les corridors de paiement transfrontaliers.
- Spécialisation des cas d’usage : les stablecoins fiat‑collatéraux resteront dominants pour les paiements de consommation, tandis que les stablecoins crypto‑collatéraux et algorithmiques se développeront surtout dans la DeFi et les produits d’épargne à rendement.
6. Conclusion
Le paysage des stablecoins est aujourd’hui caractérisé par un double visage : d’un côté, ils offrent aux particuliers une solution de paiement rapide, peu coûteuse et stable ; de l’autre, ils deviennent un levier stratégique pour les institutions cherchant à optimiser leur trésorerie et à moderniser leurs processus de règlement. Cette dualité crée un contraste marqué dans leur utilisation, mais elle ouvre également la voie à une convergence progressive, à mesure que les cadres réglementaires se clarifient et que les infrastructures technologiques se renforcent.
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Sources : Banque mondiale, FMI, BCE, JPMorgan, Deloitte, CoinShares, Chainalysis, articles de presse (NY Times, Forbes), rapports d’analystes (EGW.News).
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